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Logements neufs : la mode des espaces partagés

 Mar, 24 - 2015   0 commentaire   Immobilier
Construction de logements neufs.

Une terrasse commune sur le toit avec une cuisine extérieure, un studio à disposition dans l’immeuble pour loger ses proches, une buanderie collective et même une conciergerie. Bienvenue dans les nouveaux immeubles de logements neufs riches en espaces partagés.

Livrées à partir de 2017, ces résidences d’un nouveau genre sont actuellement en cours de commercialisation. On les voit fleurir à Paris, Montreuil (Seine-Saint-Denis), Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), Nantes, Marseille, Palaiseau (Essonne) ou encore sur l’Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

L’idée est simple et séduisante : proposer aux habitants d’une même résidence des espaces collectifs autres que les traditionnelles parties communes réduites à de simples lieux de passage. Comment expliquer cette initiative des promoteurs, d’habitude si avares en espaces communs qui ne se vendent pas et, donc, ne rapportent rien ?

« Il faut s’adapter à l’évolution des modes de vie. La jeune génération d’acheteurs est plus attentive à l’usage et au partage », soutient Yann Doublier, directeur général adjoint chez Nexity. « C’est une offre différenciante qui propose une nouvelle façon d’habiter. Cela séduit certains citadins », ajoute Paul Jarquin, président de REI France. « Ces espaces communs au cœur des villes contribuent aux échanges et tissent du lien social », ajoute François-Xavier Trivière, directeur territoires et projets du groupe Brémond.

Partage des usages

Ce partage des usages rimerait donc avec des notions dans l’air du temps comme le développement durable (jardin en commun, agriculture urbaine) et la volonté d’économiser l’espace. Sur l’île de Nantes, les opérations Unik, de Réalités, et Ilink, de Brémond et de Vinci Immobilier, qui se vendent entre 3 700 et 4 200 euros le mètre carré – soit dans les prix du marché – développent ce genre de lieux et proposent, en plus, l’accès à un espace où l’on peut venir travailler.

« Celui-ci n’est pas logé dans la résidence, mais se situe juste à côté, dans un immeuble de bureaux de l’îlot », explique Diego Harari, directeur du développement durable chez Vinci Immobilier. Dans le cadre de l’appel à projets « Réinventer Paris », et plus particulièrement dans le quartier Eole-Evangile (19e), Nexity travaille sur une opération intégrée où se mêleront habitat et « coworking ».

Toujours dans la capitale, dans la ZAC Clichy-Batignolles (17e), OGIC livrera, en 2018, un ensemble immobilier de 121 logements doté d’une terrasse collective de 300 mètres carrés sur le toit pour organiser des fêtes, d’un studio partagé, d’une conciergerie pour gérer ces différents lieux et d’une sécherie en rez-de-chaussée.

Le prix de vente de ces appartements devrait être en phase avec le prix du neuf dans ce quartier en mutation. « Dans cette opération, la première du genre à être si complète en termes de services, tout le monde fait des efforts financiers : l’aménageur de la ZAC et nous-mêmes », explique Emmanuel Launiau, président du directoire d’OGIC. Les promoteurs affirment ne pas vouloir majorer le prix de ces résidences.

Coûts d’entretien principal écueil

Il n’en reste pas moins que le coût de construction de ces lieux situés « dans les murs » de la copropriété va se répercuter sur le prix de vente. « Une fois réparti sur le nombre de lots, ce surcoût est dilué et devient acceptable », affirme Thierry Boussion, responsable des ventes chez Réalités.

Dans l’écoquartier de l’Ile-Saint-Denis, le programme Lil’Seine, livrable en 2017, le groupe Brémond prévoit que chaque ménage propriétaire achète au maximum 4 mètres carrés de plus (soit 13 800 euros, sur la base de 3 450 euros le mètre carré) pour profiter gratuitement de la future salle polyvalente, de la laverie, de la chambre d’hôtes et de la terrasse de 380 mètres carrés sur le toit qui sera en partie consacrée à de l’agriculture urbaine.

Les coûts d’entretien et de gestion de ces parties communes partagées constituent les principaux écueils de ces initiatives. D’où l’importance de prévoir tôt le mode de répartition des frais de chauffage, d’éclairage et de nettoyage de chaque lieu. Mais aussi les règles d’utilisation pour éviter les nuisances éventuelles.

Les formules se cherchent encore : certaines prévoient un accès payant à la carte, d’autres une quote-part intégrée dans les charges de copropriété qui offre la gratuité des services ou d’une adhésion réglée à une association chargée de la gestion des différents espaces.

Responsable de la communication à la SCP BLEARD LECOCQ


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